Billet en préparation etc....
Billet-photos sans légende.
Ce billet complète les précédents « Saga South Africa 1 & 2 » et poursuit, photos, informations à l’appui, la description d’un récent voyage.
Le Swaziland est un petit pays de 17300 km2 peuplé de 1,4 millions d’habitants; il est enclavé par l’Afrique du Sud et bordé à l’est par le Mozambique et donc sans façade maritime. Ce pays est économiquement dépendant de l’Afrique du Sud ; ces dernières années 90% des importations et 75% des exportations se faisaient avec ce grand voisin. Le Swaziland est classé au 140e rang pour l’Indice de développement humain. Pour l’espérance de vie avec une moyenne de 32 ans ce pays il est situé au dernier rang (191e) de la planète. Un résultat à rapprocher du taux de prévalence pour les adultes du VIH/Sida également le plus élevé avec 2,6 % et un taux de mortalité enfantine aussi effrayant de 6 % .Enfin deux habitants sur trois vivent sous le seuil de pauvreté alors que moins de 10% de la population se partage plus de la 50 % de la richesse du pays dans le cadre d’une monarchie absolue .
Drôle d’endroit pour faire du tourisme ! Si j’avais connu ces informations plus tôt, je n’aurai sans doute pas retenu ce voyage là. Il y avait d’autres choix, certes un peu plus chers, pour découvrir, l’Afrique du Sud sans passer par le Swaziland et…. sans avoir pour guide l’amère Theresa.
…. Et pourtant c’est un bien beau pays qui offre une grande variété de paysages et le peu que nous avons vu lors d’une brève étape de deux jours - une nuit, ne colle pas
trop avec ce noir tableau statistique.
Le territoire est habité depuis la préhistoire, mais il a fallu attendre le IVe siècle pour que des groupes bantous arrivant d’Afrique centrale s’installent repoussant
vers l’ouest les populations Khoisans (les bushmans).
De nouvelles migrations amenèrent à partir du XIe siècle des bantous d’Afrique Australe et de langues sotho et nguni.
L’ethnie Djamini du peuple Nguni, initialement installée au Mozambique envahit le Swaziland et s’y imposa. Au XIXe siècle lors du Mfecane, les guerres de migration, entre
les différentes tribus d’origine nguni et sotho de la région, que cherchait à rassembler le chef Cheka puis son successeur Digane dans un vaste empire Zoulou, les Swazis et leur chef Sobhuza se
retirèrent sur ce territoire qui deviendra le Swaziland. Ils eurent encore à se défendre contre les colons Boers et Portugais qui voulaient s’installer sur ces terres r
iches de
promesses.
En 1888 le chef Ngwane V, fils de Sobhuza, acceptait que son territoire devienne un protectorat britannique, les anglais reconnaissant le pouvoir héréditaire de la dynastie et Ngwane V devenait alors chef suprême du peuple. Titre que conserva en lui succédant, en 1921 son fils Sobhuza II. Après l’indépendance en 1968, Sobhuza II devint Roi du Swaziland, dans le cadre d’une monarchie constitutionnelle où les partis politiques étaient interdits. En 1988 son fils lui succédait sous le nom de Mswati III. En 2004 il rétabli un parlement dont il nomme les représentants issus pour la plupart de la famille royale. Actuellement il est le dernier monarque absolu d’Afrique comme en témoignent certains articles trouvés dans le journal « Jeune Afrique »
« Chaque année, Mswati III organise la célèbre fête des roseaux, durant laquelle de jeunes filles aux seins nus viennent, par dizaines de milliers, danser devant lui le shimmy. Au terme de cette séance de repérage, il désigne celle qui sera appelée à compléter son harem déjà riche d’une dizaine d’élue. Dans le choix royal, l’âge ne compte pas. Et celles qui sont à peine pubères sont les plus appréciées. Débauche ? Non, répond Mswati, qui prétend remettre au goût du jour une tradition ancestrale.
Mais il y a un hic. Pour cet unique moment palpitant de la vie des Swazis, le monarque dépense sans compter. Or les caisses de l’État sont vides, le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque africaine de développement (BAD) ayant refusé de lui prêter pour cause de gabegie. Qu’à cela ne tienne : Mswati s’est tourné vers son puissant voisin sud-africain, qui lui a prêté quelque 240 millions d’euros. »
Une autre information du même journal :
« Elle est la douzième épouse du roi Mswati III…... Nothando Dube, mère de trois enfants et connue sous le nom d’Inskhosikati LaDube, a été sommée, le 19 novembre, de « quitter immédiatement » la demeure royale…... C’est vraisemblablement la reine mère, toute puissante quand le roi est absent, qui lui aurait ordonné de rassembler ses affaires et d’évacuer les lieux sur-le-champ.
…. Il fallait bannir cette épouse infidèle que le roi refuse de voir depuis qu’il a appris, il y a un an, que la princesse entretenait une relation extraconjugale avec le ministre de la justice Ndumiso Mamba, éjecté depuis. Des agents des services secrets avaient découvert qu’elle endossait un uniforme militaire pour retrouver régulièrement son amant dans un hôtel de luxe à une dizaine de kilomètres de Mbabane, la capitale de ce petit État enclavé entre l’Afrique du Sud et le Mozambique. Quand l’affaire a éclaté au grand jour, la princesse avait été menacée d’être assignée à résidence, tandis que le ministre devait être expulsé du pays.
Âgée de 23 ans, Nothando a convolé en justes noces avec le roi, de vingt ans son aîné, quand elle n’en avait que 16, après qu’il l’eut remarquée à un concours de beauté. Choisie par le souverain polygame – un « honneur » qu’aucune jeune fille ne peut refuser –, elle avait abandonné ses études afin de se consacrer à ses nouvelles fonctions et à son futur bébé, puisqu’elle est tombée enceinte avant son mariage, comme le veut la tradition. »
( A suivre)
Le 1er mai 1993, un mois après avoir quitté son poste de Premier ministre, Pierre Bérégovoy était trouvé, gravement blessé à la tête par un tir de révolver, sur la berge d’un canal près de Nevers. Il mourut lors de son transfert en hélicoptère vers l’hôpital du Val de Grâce. L’enquête déterminera qu’il s’est suicidé en utilisant l’arme de service de son garde du corps. Chacun se souvient encore des mots très forts du Président Mitterrand, à ses obsèques, mettant en cause notamment une certaine presse.
La presse justement pour ce vingtième anniversaire est restée relativement discrète. Je n’ai pas fait une recherche exhaustive, mais je n'ai trouvé qu'un seul hommage, dans le ‘’Journal du Dimanche'', une opinion signée par Denis Olivennes et Guillaume Hannezo, deux anciens collaborateurs du cabinet de Pierre Bérégovoy. Je ne connais pas bien M. Hannezo (Lié au groupe Rothschild, au journal Libération et aux Gracques). Olivennes est plus souvent sous les projecteurs car il est actuellement propriétaire du JDD, où il lui fut donc facile de tenir cette tribune ; il fut aussi, ces dernières années, patron de la FNAC, du Nouvel Obs et d'Europe 1. Avant ces carrières d'entrepreneur ils auraient été, l’un et l'autre, des conseillers de Bérégovoy entre 1991 et 92 quand il fut ministre d’Etat, ministre de l’Economie, des Finances et du Commerce extérieur, dans le gouvernement d’Edith Cresson, voire jusqu'en 1993 quand il fut Premier ministre. Cette tribune du JDD avait pour titre ‘’La leçon de Bérégovoy’’ et c’est bien une leçon destinée à l’actuel exécutif qui apparait clairement derrière un hommage quelque peu dithyrambique, et sans doute, aussi, une réponse à Michel Rocard (Voir ci-après). Je reporte leur texte dans son intégralité, tout en choisissant de commencer par le dernier paragraphe, pour clôturer le chapitre du décès ; « Les observateurs conjectureront sur la mort choisie de l’homme d’Etat qui n’a pas supporté l’ombre d’un doute colporté sur une affaire insignifiante. Toutefois, sa marque dans l’Histoire n’est pas celle d’une actualité tragique. C’est celle d’une personnalité et d’une politique qui résonnent comme une promesse d’avenir. »
J’en arrive maintenant à l’essentiel, l’opinion de ses anciens collaborateurs sur Pierre Bérégovoy : « Pierre Bérégovoy nous a quitté il y a vingt ans. Ceux qui l’ont connu et aimé pensent à lui. A ce qu’il fut, à ce qu’il a représenté, à l’exemple qu’il est encore.
Il était du peuple et méprisait les populistes. Immigré de deuxième génération, seul dignitaire du Parti Socialiste à être issu du prolétariat, il est le seul ouvrier à avoir jamais dirigé un gouvernement de la République. Il n’en parlait pas. Il ne montait pas sur le tonneau en criant ‘’le peuple, le peuple, le peuple’’. Il savait que les couches populaires finissent toujours par régler la facture des démagogues. Ce qu’il devait au peuple, ce n’était pas la démonstration de son empathie mais l’exercice de sa compétence et sa capacité de travail inépuisable, patience concrète, pratique. Maitriser la complexité de l’économie réelle pour que les avancées de la justice sociale tiennent dans la durée. Voilà pourquoi il avait choisi la famille socialiste et pas les communistes. Puis Mendès France et pas la SFIO.
Il était du peuple, il était de gauche et il savait expliquer la nécessité des disciplines économiques. Ce qu’on appelle la rigueur. Jamais doctrinaire, toujours courageux, il soumettait sa conception au filtre du doute, mais pas son exécution à la merci de l’opinion. ‘’On ne gouverne pas pour plaire.’’ Sa rigueur résultait d’un choix politique, car il traitait son appareil technocratique avec autorité et n’aurait jamais laissé les bureaux gouverner l’Etat. Quand il a rétabli les comptes de la Sécurité sociale, c’est parce qu’il pensait que les riches devaient payer pour les pauvres et non les générations de demain pour celles d’aujourd’hui. Quand il a redressé les finances de la nation, c’était parce qu’il savait qu’à la fin, le prix des dévaluations, des bouffées d’inflation, des crises d’endettement est toujours acquitté par les plus faibles. La solvabilité de l’Etat est le patrimoine de ceux qui n’en ont pas.
Il était le peuple, il était de gauche et il était réformateur. Il pensait qu’il faut plus de régulations là où il y a du marché, mais aussi plus de marché où il y a de la rente. Il croyait que la concurrence est utile et la compétitivité nécessaire. Pour redistribuer, il faut d’abord produire. La concurrence était une politique sociale parce que les monopoles sont un obstacle au développement de l’emploi et du pouvoir d’achat. Cette concurrence, il l’a imposée au secteur financier en un temps où les banquiers étaient des fermiers généraux qui taxaient les entreprises et les particuliers lorsqu’ils voulaient accéder aux marchés de l’argent. Cela en a fait baisser le coût, ce qui a aidé la croissance. Bien sûr, ce secteur financier est devenu fou et s’est développé hors de raison, par excès d’endettement et de complexité. Mais c’est un problème de notre temps, pas le sien. »
L’hebdomadaire ‘’Le Point‘’ du 25 avril, le dernier donc parût avant le 1er mai publiait une interview de Michel Rocard, intitulé « L’avertissement de Michel Rocard à la gauche ». De cette très intéressante analyse je ne retiens pour ce billet que les justifications à certaines critiques du gouvernement dont il fut le premier ministre, critiques qu’il met sur le dos de son ami Pierre :
«…. Notre faute, c’est d’avoir cru au marché et à son autorégulation. …Les théories criminelles d’économiste comme Milton Friedman nous ont conduits dans le mur.
--- Mais vous étiez Premier ministre quand la France a pris la décision, en 1990, de procéder à la libéralisation complète du marché des capitaux.
--- Je suis en effet Premier ministre, avec mon ami Pierre Bérégovoy aux finances. A l’époque il y a une très forte pression de l’Allemagne, des Etats-Unis, et bien sûr de la Grande-Bretagne pour que la France libéralise tous les mouvements de capitaux. Bérégovoy, qui a déjà fait une partie du chemin en 1983, veut aller jusqu’au bout, notamment pour faire plaisir aux Allemands. Moi je ne suis pas contre mais j’ai répondu : ‘’ Attention, c’est très bien de faire cela pour les Allemands, mais il faut en contrepartie qu’ils prennent l’engagement ferme de faire l’euro’’. J’avais dans la tête qu’en faisant l’euro on serait bien obligé d’y mettre un peu de régulation. Aucune décision n’était arrêtée quand, un beau jour, alors que je suis encore en fonction, j’apprends dans les journaux que mon gouvernement a procédé à la libération totale des mouvements de capitaux …. En fait Bérégovoy, dans mon dos , avait obtenu le blanc-seing de Mitterrand…. Sans attendre l’accord avec les Allemands que je voulais négocier.
--- Et la CSG, c’était vous ou Mitterrand ?
--- Je les avais tous contre moi. La campagne de presse contre ma décision venait du cabinet du ministre des Finances. Pierre Bérégovoy ne voulait entendre parler de la CSG sous aucun prétexte. J’ai quand même gagné sur ce dossier….. »
Je ne serais pas étonné que ces propos de Rocard sur Bérégovoy aient entrainé deux jours plus tard, la tribune-opinion de messieurs Olivennes et Hannezo.
Il est vrai que Pierre Bérégovoy était assez diversement apprécié dans les cercles de la gauche. Un bref retour sur sa carrière explique cela.
En mai 1981 il fut nommé Secrétaire général de l’Elysée, poste éminemment sensible qu’il tiendra jusqu’en juin 1982. Dans cette fonction il eut une part déterminante dans la formation des premiers gouvernements Mauroy.
Après la seconde dévaluation du franc depuis l’arrivée de la gauche au pouvoir et le tournant de la rigueur voulue par Mauroy et Delors, Pierre Bérégovoy intégra le troisième gouvernement en devenant ministre des Affaires sociales.
Entre septembre 1982 et mars 1983, les turbulences reprirent sur le franc. « Autour de Mitterrand deux écoles s’affrontent : Selon les uns, on peut parvenir à accélérer la sortie de crise en échappant aux contraintes monétaires internationales. Il faut, pour un temps, déconnecter la France, de cet environnement communautaire qui lui impose des taux d’intérêt insupportables. Pour les autres, dans la ligne de la politique de juin, seule la discipline imposée par les règles du jeu monétaire européen permettra à la France de tenir son rang dans la compétition mondiale. Mitterrand veut les deux...». La Décennie Mitterrand Tome 1 de Favier et Martin-Rolland.
Parmi ceux qu’on appellera les visiteurs du soir et qui proposaient de sortir du SME pour renforcer le tissu industriel du pays il y avait le grand patron Jean Riboud mais aussi Servan Schreiber, soutenu par Deferre, mais également Chevènement, Fabius et Bérégovoy. En opposition à ceux-là, les orthodoxes sont bien évidemment Mauroy, Delors, Attali avec le soutien mesuré de Jospin et Rocard.
En mars 1983 il y eut les élections municipales. La gauche n’était plus majoritaire dans le pays. Le même jour en Allemagne la droite d’Helmut Kolh remportait les élections législatives. Le mark s’envolait à nouveau et franc s’effondrait. Le Président ne pouvait plus tergiverser et devait se décider sur une ligne politique.
«...Mardi 15 mars, Mitterrand propose Matignon à Delors à condition qu’il accepte l’idée d’une sortie du SME. Delors refuse……..
Jeudi 17 mars Mitterrand propose à Bérégovoy de former un gouvernement sur la base d’un maintien dans le SME. …. Celui-ci se met au travail. Mitterrand a finement manœuvré puisqu’en jouant sur les mots il obtient de Bérégovoy un ralliement implicite au maintient dans le SME. …
Lundi 21 mars à Bruxelles Delors obtient une faible dévaluation du franc et une forte réévaluation de mark….mais il s’est engagé à prendre les mesures d’assainissement de l’économie française.
Jeudi 22 mars Mauroy est reconduit, il mènera une équipe resserrée où Delors reste aux Finances et Bérégovoy aux affaires sociales…. » La Décennie Mitterrand Tome 1.
Mauroy finira bien par démissionner mais pas pour des raisons économiques : Le dimanche 24 juin un million de personnes défilaient dans Paris pour rejeter la loi Savary qui avait été adoptée au parlement. Le 14 juillet Mitterrand annonçait à la télévision que la loi Savary ‘’disparaissait’’. Mauroy en tirait les conséquences et démissionna. Mitterrand chercha bien à le retenir mais Mauroy maintint sa décision.
Bérégovoy pensait que la succession allait se jouer entre lui et Delors.... et ce fut Fabius. Bérégovoy devint ministre de l’Economie, des Finances et de l’Industrie mais restait en troisième place malgré le départ de Delors, se faisant coiffer pour la seconde position et le titre de ministre d’Etat par Gaston Deferre à l’Aménagement du territoire.
Lors des élections législatives du 16 mars 1986, et même si le changement de mode de scrutin permit au PS de limiter la casse, grâce à la proportionnelle, Mitterrand devait appeler Chirac et la droite au gouvernement pour la première cohabitation de la Ve République.
Bérégovoy redevenait pour deux années député d'opposition.
«...Au soir du dimanche 8 mai 1988, François Mitterrand est au faîte de sa gloire. Il a lavé l'affront de mars 1986 en sortant largement victorieux de sa tumultueuse cohabitation avec Jacques Chirac.....Le mardi 10 mai Michel Rocard était nommé Premier ministre..... '' Le choix de Rocard ne s'imposait pas du tout. Dans mon esprit d'autres noms venaient avant sur le plan de la capacité à gouverner. Ainsi aurais-je bien pu faire appel à Pierre Bérégovoy. Mais Rocard était celui qui correspondait le mieux à la situation politique du moment....» La Décennie Mitterrand Tome 3. Voila comment Mitterrand justifiait son choix, six ans plus tard. Jospin était le n°2 du gouvernement Ministre d'Etat et de l'Education nationale et Bérégovoy le n°3, Ministre d'Etat, de l'Economie, des Finances et de l'Industrie.
«...Lorsqu'ils reprennent les rênes du pouvoir, le Président; le Premier ministre et le ministre des Finances sont d'accord sur les grandes options économiques. Depuis le tournant de la rigueur de 1982-1986, les socialistes français ont choisi l'économie ouverte sur le monde et l'Europe...... Toutefois, sur leur façon d'agir, leurs conceptions ne sont pas les mêmes..... Rocard n'est pas, au départ, obsédé par le dogme de l'équilibre. Pour lui, les finances publiques sont un moyen de mettre en œuvre une politique économique et sociale volontariste;... autrement dit, il est keynésien..... Son ministre des Finances tient, lui pour le monétarisme. Pour Pierre Bérégovoy, non seulement la solidité du franc, mais sa parité avec le deutsche mark, monnaie de référence des marchés, sont le postulat d'une politique économique de gauche.....Tant qu'il sera aux finances, la France ne dévaluera pas sa monnaie.....
François Mitterrand aimerait voir se réaliser une synthèse entre les sensibilités économiques des deux.... Il croit à l'économie mixte, à l'intervention de l'Etat...... Mais dans son esprit ce volontarisme est inséparable de l'impératif européen. Au moment où s'engage son nouveau mandat, l'ordre du jour de la construction européenne dont il se veut le bâtisseur est la mise en œuvre du ''Grand Marché''. Elle passe par l'alignement sur le libéralisme..... Cette contrainte acceptée le conduit tout naturellement à épouser la politique du franc fort de son ministre des finances...... ». Et là on comprend mieux la rancœur que Rocard ressent encore, vingt ans après, envers son ami Bérégovoy, telle qu'il l'a exprimée dans l'interview du Point. Il avait fini par aller où il ne voulait sûrement pas aller. L'écart s'est creusé entre une France des nouveaux rentiers qui profitaient des mesures mises en œuvre par Bérégovoy et une France des salariés dont le pouvoir d'achat tendait à stagner !
Les désaccords entre Rocard et Mitterrand-Bérégovoy se multipliaient et tout normalement au bout de 3 ans le Président mit fin à l’épisode ; mais, oh surprise, ce n’est pas Bérégovoy qui devenait le chef du nouveau gouvernement mais Edith Cresson nommée le 15 mai 1991.
Edith Cresson avait été de tous les gouvernements depuis 1981 : ministre de l’Agriculture, puis du Commerce extérieur sous Mauroy, ministre de l’Industrie sous Fabius, ministre des Affaires européennes sous Rocard, poste dont elle démissionna en octobre 1990 pour cause de désaccord avec le Premier ministre ; sa nomination n’en atterrait pas moins une grande partie des poids lourds socialiste.
Quand elle accepta la proposition elle essaya d’imposer ses vues. «Elle suggère à Mitterrand d’écarter Bérégovoy, qu’elle juge plus conservateur que Rocard. Elle propose qu’il soit nommé à la Banque de France à la place de Jacques de Larosière qui le remplacerait à Bercy. Cette formule présentant à ses yeux un double avantage : avec Bérégovoy à la banque, le franc est en sécurité. Quand à Larosière, grand commis de l’Etat, il obéirait au nouveau Premier ministre. Le président refuse !.....» La Décennie Mitterrand Tome 4.
Mitterrand est toujours sur la même ligne : un bon chef de gouvernement est un Premier ministre sous tutelle, et comme lui, fin politique, n’est pas un grand économiste, il a besoin de Bérégovoy comme surveillant, mais surtout pas comme Premier ministre car lui serait ingérable. Seule concession faite à Cresson, Bérégovoy n'est que n°3 du gouvernement, le n°2 restant Lionel Jospin toujours ministre d'Etat et de l'Education nationale.
Hélas tout se passe mal, Cresson était dépassée et médiatiquement arrogante et sa popularité se dégradait vite. A un peu plus d’an des élections législatives c’était catastrophique, d’autant que la situation économique s’était retournée et que la croissance, qui avait masqué, sous le gouvernement Rocard, les dysfonctionnements gouvernementaux, n’était plus au rendez-vous. Cresson ramait, Bérégovoy aussi mais pas toujours dans le même sens et finalement c’était lui le vrai patron…. en menaçant régulièrement de démissionner !
Le 2 avril 1992 « François Mitterrand met fin, après onze mois, au bail calamiteux d'Edith Cresson. Il reste donc onze mois avant l'échéance législative à Pierre Bérégovoy pour tenter de remonter la pente. A l'en croire, le président ne nourrit guère d'illusions sur les chances électorales de la gauche : ''En nommant Bérégovoy, j'ai pensé qu'il était possible de redresser la situation, mais pas de renverser totalement la tendance. C'était impossible de gagner..... La Décennie Mitterrand Tome 4.» Bérégovoy rêvait trop d'être Premier ministre, même s'il s'est plaint que cela arrivait trop tard, il ne pouvait refuser. Son gouvernement se caractérisait par la mise à l'écart de Lionel Jospin, la montée en puissance de quadras comme Aubry, Strauss-Kahn, Sapin, Royal et surtout l'entrée de Bernard Tapie «Le nouveau Premier ministre était totalement fasciné par Tapie qui, comme lui s'était fait tout seul. Il le voulait au ministère de la Ville.... La Décennie Mitterrand Tome 4.»
Bérégovoy ne fit pas de miracles car il dut affronter une crise économique et, en plus, diverses attaques notamment en raison d'instructions judiciaires pour corruption touchant des proches du président de la République et étant lui-même mis en cause.
Désespérément il tenta de lancer plusieurs réformes sociales mais sur fond de dépenses publiques non maîtrisées. La gravité de la crise de 1992 et début 1993 qui privait l'État d'importantes recettes fiscales, surprit Pierre Bérégovoy. La dégradation des comptes par rapports aux budgets prévisionnels fut spectaculaire : « 220 milliards de francs de déficit en 1992, contre 90 prévus, et plus de 320 en 1993, contre une prévision de 165 milliards ». Idem pour le déficit cumulé de la Sécurité Sociale….. Mais à partir d’avril 1993 Bérégovoy ne sera plus aux commandes, ce fut Balladur qui hérita du problème, dans le cadre d’une seconde cohabitation, après l’implacable victoire de la droite lors des législatives de mars 1993. Bérégovoy, enfin Premier ministre, avait fini par casser l’image du bon gestionnaire qu’il avait été comme, ministre de l’Economie et des Finances.
Dans l’hebdomadaire ''Marianne'' du 4 mai on peut lire une tribune intitulée Le dernier prolo « Il y a vingt ans, le 1er mai 1993, Pierre Bérégovoy se suicidait. Forte étrangement, le Figaro se trouve être le seul quotidien national à consacrer le 30 avril, une pleine page à cette anniversaire. Il faut croire que le parcours de Béré est indéchiffrable pour ceux qui aujourd’hui se pensent à gauche… ». Je ne lis pas souvent Le Figaro, c’est dommage, mais on ne peut pas tout lire.
Une dernière ligne pour rappeler un autre triste anniversaire, et par ce lien avoir une pensée pour l’ami parti et pour celle et ceux qui le pleurent.
(A suivre)
La Foire-exposition de Niort a commencé samedi 27 avril pour une
durée de 9 jours. Cette année deux thèmes ont été retenus : l’Australie et le rugby. Ces deux thèmes sont liés car l’Australie est une grande nation rugbystique, avec deux coupes du monde
remportées, en 1991 et 1999, plus une place de finaliste en 2003, échouant face à l’Angleterre, sans compter la place dominante dans ce pays du jeu à
treize (six coupes du monde), sport qui sans faire de touches est partie prenante de l’ovalie.
Sous le grand chapiteau, Australie et rugby
cohabitent harmonieusement mais dans ce billet je ne vais pas trop m’attarder sur le continent des kangourous n'ayant pas prévu ce déplacement au planning de mes dix prochaines années même si ce n'est pas l'envie qui manque, mais à
environ 4000/4500 € le séjour par personne pour une douzaine de jours y compris 4 journées d'avion.... non merci ! Je vais quand même signaler que les organisateurs
ont aménagé une mare aux canards (Non ! J'ai bien écrit canards) où les visiteurs peuvent jouer aux chercheurs d’or, ainsi qu’un simulateur de surf, vague
technologie, qui devrait amuser les plus jeunes. Le rugby, en père peinard, a installé des terrains pour organiser des tournois minimes de beach rugby.
On devrait aussi, tout
au long de la semaine, voir
du beau monde en vadrouille. Des recyclés médiatiques comme Sébastien Chabal qui
commercialise des vêtements ou des eaux de toilettes, Vincent Moscato qui a trouvé sa voie scénique, et fait son show façon comique troupier. Quelques champions, pas encore totalement rangés des crampons : on annonce la venue d’Aurélien Rougerie, peut-être Elissade,
Cazalbou, et d'autres car de nombreux noms circulent sous le sceau du secret. Il y eut même en avant-première, en fin de semaine dernière, Jean-Pierre Rives, alias casque
d’or, qui expose au musée Agesci, au centre de Niort, quelques œuvres, dont des sculptures, enchevêtrement de poutrelles, mais aussi des peintures de bouddhas, sur papier froissé, qu’il a
réalisées en compagnie de l'artiste Ladislas Kijno. Le rugby mène à tout….. ou pas. Il y a aussi une magnifique exposition de photos où l’on
reconnaît d’anciens joueurs comme André Boniface, l'idole de mes 16 ans …. et au centre de cette expo trône, prêtée par le musée de Twickenham, une reproduction de la coupe du monde de
rugby remportée par l’Angleterre en 2003 (J'ai vu quelques personnes qui faisaient la moue, ce devait être des exposants australiens)
Geneviève Gaillard, Députée Maire de Niort, a coupé le ruban
inaugural en présence du Préfet et de la cohorte habituelle des divers élus locaux. Geneviève était aussi accompagnée par un monsieur discret dont je
veux parler, maintenant car il est pour moi la personne la plus emblématique de cette manifestation.
Pour parler de Pierre Guilleux, je reprends un article parût dans « Le petit bleu du Lot et Garonne» qui célébrait, en début d'année, son anniversaire. L’essentiel de sa carrière fut aussi rappelé, lors du discours de fin de visite, samedi matin par madame le Maire avec d’autant plus de fierté que M. Guilleux est son oncle :
« Faites du sport, ça conserve ! A voir Pierre Guilleux, qui fête aujourd’hui ses 88 ans (il est né le 15 décembre 1924 à Usseau, 79) personne n’en doutera. Et quand
on parle de sport, c’est du haut niveau qu’il s’agit. D’abord jeune footballeur aux Chamois niortais il passera ensuite au handball, au Stade niortais. Il décrochera deux sélections nationales
comme gardien de but. Viendra ensuite la période rugby. Premières passes sous le maillot du Stade niortais, puis direction Agen, diplôme d’éducation physique en poche. D’abord rattaché à la
direction des sports il incorpora le lycée Palissy où il enseignera pendant vingt-sept ans. Logiquement, Pierre Guilleux prit le chemin d’Armandie (Stade du S.U. Agen). Ce roi du crochet intérieur intégra l’équipe fanion, d’abord à l’ouverture puis à l’arrière de la formation suaviste. Il se fera remarquer par les sélectionneurs (deux capes en
1952, l’Afrique du sud et l’Italie, Midi Olympique dans son classement des meilleurs joueurs de l’année par poste le classa en 1952 en 3èmeposition des arrières) ….. Une fois les crampons raccrochés, c’est le tennis qui sera sa
passion (classement 1/6). Là, aussi, il fut international (vétéran) et décrochera au passage un titre national avec le S .U. Agen…. »
Je ne sais pas s’il reste, aujourd’hui, beaucoup de sportifs de ce type, multi-disciplines, capables d’être au plus haut niveau dans toutes ces disciplines. Pierre Guilleux était un joueur des lignes arrières, de gabarit modeste 1m73 pour 67 kg loin du physique des actuels musclors Fidjiens, Samoans ou autres; c'était un joueur qui avait une élégance technique et la fluidité de jeu qui faisait la renommée du rugby à la française ; rugby qu'on voyait encore il n'y a pas si longtemps et qui a tendance se raréfier ces dernières années.
http://www.ladepeche.fr/article/2012/12/15/1514921-omnisports-anniversaire.html
Le week-end est resté rugby, au-delà de la foire niortaise, par l'intermédiaire de la télévision. Samedi après-midi il y eut la très belle victoire de Clermont-Ferrand devant les irlandais du Munster, 16 à 10, au terme d’un match que les clermontois, privés de Rougerie blessé, ont très largement dominé sans jamais vraiment se mettre à l'abri d'où une fin de match quelque peu tendue.
Dimanche ce fut Toulon qui battait à Twickenham le club anglais Sarracens, 24 à 12, sans vraiment convaincre, mais grâce au talent de ses mercenaires dont notamment l’anglais Wilkinson.
J’ai détesté les commentaires du soir qui se félicitaient d’une finale H Cup 100% française le 18 mai prochain à Dublin. Une finale entre deux club français, certes…. mais 100% française ? Voyons ça de plus prêt :
Pour Toulon le XV de départ était composé de 4 Français, 3 Anglais, 2 Néo-Zélandais, 2 Sud-africain, 1 Australien, 1 Argentin, 1 Samoan, 1 Trinitadien. Trois remplaçants sont entrés en cours de jeux pour jouer au moins 10 minutes sans modifier les proportions Français-Etrangers
Pour Clermont Ferrand le XV de départ présentait 7 Français, 2 Australiens, 2 Fidjiens, 1 Anglais, 1 Canadien, 1 Gallois. 1 Georgien. Cinq remplaçants sont entrés pour au moins 10 minutes de jeu sans changer les équilibres.
Le style de jeu et la loi des chiffres me conduiront à supporter Clermont lors de la finale, d'autant que l'équipe devrait récupérer Aurélien Rougerie et retenir comme titulaires à part entière, son trio de Julien, Bonnaire, Bardy et Pierre, tous les trois excellents samedi dernier.
Au total des deux équipes il n'y eut pour les demi-finales que 36% de joueurs français, il faudrait donc un sacré chambardement pour faire une finale 100% française et ceci dit sans le moindre chauvinisme. Cet implacable constat mathématique est inquiétant. Si ce week-end euphorique sacre cette année la suprématie des clubs français, elle ne valide pas pour autant l'hégémonie tricolore sur le rugby de l'hémisphère Nord. Loin de là si on se réfère au résultat du dernier tournoi. ,
Jean-Claude Skrela, directeur technique national, tire même la sonnette d'alarme : « Cette finale empêche peut-être de se poser les bonnes questions. Avoir autant d'étrangers empêche mécaniquement d'avoir davantage de joueurs sélectionnables en équipe de France. Si ça perdure, le XV de France va au-devant de grandes difficultés. »
Au lendemain du catastrophique Tournoi des six nations, où les Bleus ont terminé à l'avant-dernière place, le sélectionneur Philippe Saint-André avaient tenté d'expliquer pourquoi le trop-plein d'étrangers dans le Top 14 nuisait, à terme, au rendement du XV de France. « Par exemple, sur trois postes stratégiques - pilier droit, ouvreur et ailier -, il y a une majorité écrasante de joueurs étrangers. Il n'y a que 5 % de piliers sélectionnables sur la totalité des effectifs professionnels en France, 12 % d'ouvreurs et 14 % d'ailiers. Et les trois meilleurs réalisateurs du championnat sont étrangers... » Une vraie foire d’empoigne en perspective…..
Pour finir, quelques lignes de la chronique de Denis Lalanne dans le Midol :
« ….. Il en restera de ces demi-finales au moins une image digne de la grande seigneurie quinziste : cette paire d’homme à terre, Wilkinson l’ancien et Farrel son benjamin, et la tape de l’un sur le dos de l’autre, image d’une messe dite sur ce drop goal de funambule qu’un plaquage désespéré n’a pu empêcher. Respect. Sir.
Mais voici le moment de percevoir ce qu’il y a de vraiment nouveau dans le tableau. Au regard du rugby mondial, l’argent est en France. Le Top 14 est le nouvel El Dorado pour toute une main d’œuvre étrangère…..
......... C'est un grand chagrin d'apprendre le décès, ce week-end, d'une légende comme Robert Soro. On l'appelait ''Le lion de Swansea''. Mais c'était un agneau, comparé aux fauves qui restent aujourd'hui en course.»
Soro, Guigneux.... Ca me rappelle que j'avais fait en octobre 2008 un billet qui s'intitulait ''On veut des légendes''
Reprise du billet le 1er mai :
Aujourd'hui Pilou devait être présente au stand de ville de Niort de 14h à 16h et bien sûr je l'ai accompagnée ....
Bonne pioche car sous le chapiteau des thèmes, il y avait Aurélien Rougerie qui
dédicaçait à tour de main et très gentiment il acceptait de se faire photographier notamment avec les enfants, les jeunes filles et leur mère.
Il accepta aussi de se faire photographier pour une
noble cause à savoir un billet de blog défendant le beau rugby.
Une petite jeunette demanda à sa mère «Ce n'est pas lui Chabal !» « Non, tu vois bien qu'il n'est pas barbu ».
Je crois bien que la jeunette aurait préféré voir Chabal. Il faudra revenir demain mademoiselle !
Moi, désolé, je n'y serai pas et ce billet est maintenant terminé.
( A suivre)
Simone et Henri ont le charme des conteurs car leurs gravures nous introduisent
dans un univers magique. Mais leurs personnages fantastiques nous sont malgré tout très proches. Nourris de la mémoire du monde et du temps, ils nous racontent une histoire simple : un homme, une
femme qui s'aiment sous le soleil et sous la lune. Parfois très figuratifs, les signes peuvent aussi basculer dans l'abstraction et réinventer un abécédaire qui reste naturellement accessible.
Déclinées dans les bleus ou dans les ocres, les gravures ont les couleurs de la vie. La matière est , elle aussi, très p
résente dan
s le relief du papier ou dans les pâtatraces, pâtes à papier
crées par Simone dans l'atelier, ou encore dans les supports comme l’amate, le kraft...
Les techniques de gravures se mêlent avec talent et fantaisie afin de rendre l'image au plus juste.
http://shjean.pagesperso-orange.fr/s_h_jean.htm
![a6c4ceaeb5[1]](http://img.over-blog.com/270x332/1/19/05/39/Afrique-du-Sud-2013/a6c4ceaeb5-1-.jpg)
A quatre mains ....
Nous travaillons comme des chercheurs.
Le résultat dépasse toujours la somme de ce que nous sommes.
La réflexion rebondit, s’enrichit, se complète.
Du signe de l’un repris par l’autre naît une émotion différente.
Il réapparaît modifié, sur une toile, agrandi.
Il était sur une pataraces, peut-être sur une gravure...
Etait-ce bien celui là et de qui?
Qui fait quoi? Est-ce la main droite ou la main gauche?
D’un concert à quatre mains, la mélodie entendue sera unique.
Quelle est la part de chaque musicien? Mystère?
Nous travaillons toujours, suivant le fil, habités d'images.
Le corps, la main ont une mémoire que la mémoire ne sait pas.
Graver, peindre, pour nous, c’est chercher les clefs de notre propre mémoire.
Suivre la ligne, c'est suivre le fil d'Ariane.
Simone et Henri Jean
Article d'Emmanuel Touron dans la Nouvelle République :
« Simone et Henri Jean se sont placés à la croisée parfaite de l’œuvre d’art et de
l’histoire d’amour. Une œu
vre d’amour.
Eternelle.
Une maison réfugiée parmi les grands arbres, du côté de La Couarde. Accueillante et chaleureuse grâce au feu qui couve dans le poêle, mais il y a autre chose, ce supplément d'âme des lieux chargés d'une histoire. Les murs sont illuminés des tableaux des maîtres des lieux.
Henri Jean n'est plus là, emporté il y a trois ans, terrassé un jour de novembre
alors qu'il rejoignait son atelier. L'endroit est resté figé depuis. Et il y flotte toujours le parfum de la création. Dans un coin, des toiles restées vierges. Près de l'entrée, les gravures
encore empaquetées, récupérées après l'exposition rétrospective à l'hôtel du Département. Sa compagne Simone n'a pas pris le temps de les déballer.
Dans leur maison, respire encore leur œuvre commune. A côté des huiles qu'il
réalisait seul ces derniers temps, près des inachevées qu'il n'a pas eu le temps de signer, foisonnent les gravures qu'ils ont réalisées ensemble.
Il peignait déjà quand ils se sont rencontrés, au Chili. Simone ne connaissait
rien à la peinture mais, étant ''quelqu'un qui s'emmêle'', elle s'est immiscée dans son travail. Henri l'a laissée faire, acceptant de se laisser bousculer par son audace, suscitant
implicitement ses suggestions, risquant sur ses conseils des couleurs, des rythmes ou des coupes que, seul, il n'aurait sans doute pas osés. Elle s'est tellement engagée qu'il a fini par signer
les gravures de leurs deux noms.
Au bout d'un moment, il y avait une telle osmose entre nous que nous étions
incapables de dire qui avait fait quoi. C'est le mystère de cette création… »
Plus qu'une collaboration, une communion fusionnelle. Simone et Henri ont avancé en
correspondance, l'un se donnant en écho à l'autre, le geste de l'un prolongé par l'idée de l'une, les hésitations de l'un balayées par les encouragements de l'autre… Un couple lancé en roue
libre dans l'exploration de son art et du monde, un monde voulu onirique et sublimé où ''chaque chose a son importance''.
''Evidemment, c'était beaucoup de travail, c'était fatiguant'', sourit Simone,
mais c'était d'abord du plaisir. Et ce qui est merveilleux, c'est qu'on arrivait à nous étonner nous-mêmes…
Quelques jours avant qu'il ne parte, Henri lui a dit : ''Avec toi, je ne me suis jamais ennuyé, tu sais''. C'est étrange comme on éprouve parfois la nécessité d'un bilan. A
moins que ce ne fût une ultime déclaration. Dans un remerciement.
Henri Jean n'est plus là. Et on a pourtant l'indicible sentiment qu'il occupe toujours
les lieux. En fait, c'est une évidence : il est encore là.
Il vit tellement à travers elle, Simone est tellement le prolongement de l'homme
qu'elle aime… »
(A suivre)
Dans mon premier billet, « Premiers pas » du16 juillet 2007, j’indiquais que je voulais en lançant ce blog évoquer la vie de personnes, plus ou moins proches, un peu comme l'avait fait l’écrivain Paul Auster dans son roman « Brooklyn Follies ». Dans ce récit le personnage central est un écrivain vieillissant, qui décide de consacrer ses derniers écrits à ceux qui l’entourent ou qu’il croise occasionnellement : « La plupart des vies disparaissent. Quelqu’un meurt et petit à petit, toutes traces de sa vie s’effacent…… Quelques objets, quelques impressions vagues, conservés par des tiers. Ceux-ci ont invariablement des histoires à raconter à propos du défunt, mais le plus souvent en mêlant les dates, en oubliant des évènements, et la vérité en sort de plus en plus déformée et quand ces gens là meurent à leur tour, presque toutes leurs histoires s’en vont avec eux… ».
C’est ce que j’ai fait, à mon modeste niveau, dans mes premiers billets, notamment les 4ème et 5ème,, en évoquant un épisode important de la vie de mon oncle Didi qui fut résistant, travailleur de l’industrie du cinéma et artiste. La rubrique « Didi » m’a permis de revisiter, au fil du temps en une trentaine de billets, l’histoire de ma famille. Il en fut de même avec la rubrique « No pasaran » où j’ai pu parler de la famille de Pilou, une famille républicaine antifranquiste, abordée dès les 2ème et 6ème billets. Ces deux rubriques sont, depuis six ans, celles qui ont le plus intéressé mes proches et même éveillé l’intérêt de quelques visiteurs inconnus qui se sont sentis concernés par les thèmes évoqués. Ces rubriques sont aussi celles qui m’ont apporté le plus de commentaires constructifs où de contacts par courriels ; nous avons même pu, renouer avec des cousins perdus de vue depuis longtemps et rien que pour cela ce blog aura été utile, très utile. Ensuite je me suis diversifié : j’avais épuisé mes sujets familiaux, j’avais moins de grains à moudre et puis je me suis laissé emporter vers d’autres horizons, le cinéma, les voyages, la politique, les livres et surtout le plaisir d’écrire, de raconter façon griot alphabétisé, de faire des recherches, des découvertes, de la facilité parfois, des maladresses souvent.
Aujourd’hui je reviens aux fondamentaux pour parler et rendre hommage à un ami disparu, il y a un peu plus de deux ans. Lui n’a pas participé à la résistance il était un peu trop jeune et son histoire est plus banale, ordinaire mais c’était un mec bien et je crois qu’il mérite de rester dans la mémoire de ceux qui l’ont connu. C’est dire que ce billet n’intéressera que mes proches, ma famille.
André fut un homme attachant, du moins auquel je me suis attaché et à qui je dois beaucoup ne serait-ce que pour les années de bonheur et de gentillesse qu’il a apportées à ma mère. Il fut d’abord son ami de club de personnes âgées, puis son compagnon de voyages, son compagnon de vieillesse, de maladies. Il fut pendant une quinzaine d’années, pleinement membre de notre famille, accepté par tous, jeunes et anciens, et fut notamment aussi très copain avec mon oncle Didi.
Début 2005 je sus que ma mère ne pouvait plus vivre seule chez elle en région parisienne loin de ses trois enfants dont j’étais l’ainé. En accord avec mon frère et ma sœur, tous deux comme moi provinciaux, j’ai décidé de la faire venir dans une maison de retraite, en Deux-Sèvres près de chez moi. J’ai trouvé en banlieue niortaise un établissement de résidences services dans un site particulièrement agréable et qui était en train de s’agrandir en aménageant une structure Ephad. J’ai fait visiter en mai 2005 à Maman et André le domaine qu’ils ont trouvé très sympathique. Par chance quelques studios allaient être libérés pour l’été et nous pouvions en louer deux pour un séjour de vacances en juillet.
Pour André ce fut un coup de cœur, une solution, et il décidait de quitter son appartement HLM de banlieue parisienne pour revenir en Poitou, région qu’il aimait et notamment sur Niort où de vieux amis, sa cousine Yvonne et son mari Alfred, étaient installés. Il pouvait ainsi accompagner maman et puis me dit-il « Mes enfants et petits enfants viendront bien me voir quand ils auront des vacances, de toute façon ils ont leur vie, leur travail et je ne les vois pas tous les jours, pas même toutes les semaines ». Il avait pris sa décision et rien n’aurait pu le faire changer d’avis. J’étais certes quelque peu inquiet d’avoir en charge deux personnes âgées, mais d’un autre côté je dois bien avouer que cela rendait plus facile la nécessité de faire accepter à maman de quitter son appartement où elle vivait depuis 40 ans.
Début septembre 2005 ils étaient tous les deux pensionnaires au domaine du château d’Aiffres. Quelques mois après leur installation j’appris par la direction du domaine, qu’André avait des difficultés pour régler sa pension. Il fallut que je devienne juridiquement son curateur et que je gère ses comptes, le montant de sa retraite ne lui permettant pas de faire de gros excès et nécessitait un suivi rigoureux auquel il n’était pas habitué.
Deux ans plus tard, ma mère devait quitter son logement dans l’aile de résidences services pour une chambre et un suivi médicalisé en Ephad. André, un temps désemparé, a continué ses activités au domaine, entre balades, pétanque, jeux et animations diverses etc …. Il faisait notamment office de Père Noël lors des fêtes de fin d’année…. . Il passait quotidiennement rendre visite à ma mère, dont la mémoire foutait le camp, ce qui ne fut pas toujours très plaisant pour lui, mais ami fidèle, il endurait ces quelques désagréments.
Après le décès de maman en octobre 2008, mais aussi celui de sa cousine Yvonne quelques mois plus tard, il souhaitait toujours rester là. Peut-être aurait-il pu encore obtenir, à cette époque, une place en foyer-logement en banlieue parisienne près de ses enfants.
Il fallut que sa santé décline sérieusement fin 2009, mais aussi qu’il devienne arrière grand-père pour avoir subitement envie de retourner près des siens. Sa fille lui avait alors trouvé une place près de chez elle, mais c’était déjà trop tard, car quand il fut présenté, la direction de l’établissement a jugé qu’il n’était plus apte à vivre seul et qu’il devait chercher un accueil en Ephad…. Ce qui posait un problème de place disponible et de coût. Au bout de quelques mois de démarches une solution allait se présenter.
On me demanda en tant que curateur de préparer un topo sur la vie d’André. A ma grande surprise il se prêta à l’exercice d’interview avec enthousiasme, heureux de faire ce retour sur son passé. Ce fut un des derniers fois où, malade et souffrant, je le vis passer un vrai bon moment à se raconter. Ce beau et heureux souvenir m'a incité à faire ce billet :
« Je suis né à Paris 8ème le 5 avril 1930. Mon père était originaire de Montmorillon dans le Poitou ; ma mère était de Versailles. J’ai eu une sœur née après moi mais qui mourut en bas âge. D’ailleurs ma mère est décédée quand j’étais très jeune, 4 ou 5 ans, et je ne m’en souviens pas.
Enfant j’étais un peu sauvage et je fus confié à ma grand-mère et j’ai surtout vécu à Montmorillon. J’y suis resté pendant la guerre car mon père avait été mobilisé et fait prisonnier en Prusse orientale et il n’est rentré qu’en 1945.
J’ai passé mon certificat d’étude à Montmorillon. J’ai rejoint mon père à Paris à son retour d'Allemagne. Ma grand-mère quittait elle aussi Montmorillon pour la région parisienne pour aller vivre chez ma tante, la sœur de mon père.
Mon père avait pu retrouver son travail : il gérait les approvisionnements aux Galeries La Fayette. Il s’est remarié avec une vendeuse du magasin. Je ne me sentais pas bien dans cet environnement. Je n’ai jamais pu appeler mon père papa, je disais père, quant à sa nouvelle épouse, je l’ai toujours appelé « madame ». Je suis resté trois ans avec eux, à Courbevoie le temps de fréquenter un lycée professionnel où j’ai eu une formation d’apprenti tôlier. ( ce que je ne savais pas et la je compris mieux la grande complicité qu’il eut avec Didi).
J’allais souvent à Nanterre chercher refuge chez ma tante Lucienne où je retrouvais aussi ma grand-mère. Je m'étais aussi fait une amie avec Yvonne, une nièce de ma tante, une cousine par alliance, qui vivait dans la maison mitoyenne. Le père d’Yvonne étant la frère de mon oncle, époux de ma tante Lucienne. Je suis resté tout au long de ma vie, très ami avec Yvonne et son mari Alfred.
Dès que j’ai eu dix huit ans je me suis engagé dans la marine pour fuir l'environnement paternel. J’y ai passé 4 ans, au début à Rochefort puis 28 mois entre 1949 et 1952 à la base aéronavale d’Agadir. J’ai découvert la vie sociale dans la marine où j’ai d’ailleurs pu passer mon brevet de mécanicien avion et fait beaucoup de sport.
A 22 ans, je suis rentré à Paris et j’ai trouvé un emploi d’ouvrier métallurgique à Courbevoie. J’ai rencontré Irène et nous nous sommes mariés assez rapidement. Nous avons d’abord habité à Paris dans le 14èmepuis à Créteil et j’ai travaillé pendant 17 ans en fonderie à Paris, boulevard Charonne. Dans le cadre de mon travail d’ouvrier en métallurgie et fonderie j’ai eu une activité syndicale. Je fus délégué CGT.
En 1962 j’ai changé de métier en devenant chauffeur livreur en pharmacie pour la CPF.
Notre fille Rosine est née en 1955, et nous avons eu un fils, Fred, en 1962, avant de connaitre des problèmes conjugaux qui nous conduisirent au divorce en 1972.
Je suis resté à Créteil où je vivais seul. J’ai repris aussi un peu le sport (beaucoup de marche et du vélo) et je me suis engagé en politique au début des années 80 en faveur du parti socialiste.
Ma vie fut largement influencée par mes problèmes de santé. J’étais diabétique, mis en évidence à l’armée. Je suis insulino-dépendant depuis 1978.
J’ai eu au début des années 80 un accident de voiture dans le cadre professionnel. J’étais au volant du véhicule de la société de produits pharmaceutiques quand j’ai été percuté par un automobiliste qui roulait en sens interdit. J’ai été blessé aux jambes et surtout aux genoux ; accident pour lequel je perçois une petite pension d’invalidité.
J’ai continué à travailler comme livreur en pharmacie jusqu’en 1988. J’ai alors été mis dans un système type préretraite. Je touchais presque l’intégralité de mon salaire pour rester chez moi.
En 1990 j’ai pu prendre ma retraite et je me suis installé à Villiers pour me rapprocher de ma fille. Je participais activement au club des anciens de Villiers où j’ai eu beaucoup d’amis et j’ai fait la connaissance de Raymonde en 1992. Tout en vivant chacun chez soi, nous avons fait beaucoup de voyages ensemble, notamment en Italie, Espagne, Suisse, et dans de nombreuses régions françaises.
Quand Raymonde fut touchée par la maladie d’Alzheimer, et que son fils décida, en 2005, de la faire venir près de chez lui à côté de Niort, j’ai décidé de suivre et de m’installer en résidence service dans le même domaine. J’étais content d’aller à Niort où je savais aussi retrouver Yvonne et Alfred.
Raymonde est décédée le 20 octobre 2008, puis ma cousine en juillet 2009. Mes petites-filles ont eu des enfants, mes premiers arrières petits-enfants, et comme ma santé décline et que j’atteindrai mes 80 ans début avril 2011, je ne voudrais pas finir ma vie loin de ma famille. Je suis très déçu de ne pas avoir été retenu en résidence service de Villiers. J’ai eu la malchance de devoir me présenter alors que je venais d’avoir un zona ophtalmique et que j’étais très fatigué. J’espère que ma demande d’obtenir une place en Ephad sera retenue.
J’ai surtout peur, de bientôt, ne plus voir du tout et j’espère aussi ne pas devenir une charge pour ma famille.
Je ne suis pas croyant et j’ai fait un contrat « obsèques » pour qu’elles soient assurées civilement en crématorium. .. »
Au printemps 2010, il fit de très nombreux examens à l’hôpital et fut même hospitalisé plusieurs fois, suite aux nombreuses chutes qu’il faisait. Fin mai nous avons su qu’une place en Ephad pourrait lui être proposée avant l’été. Par ailleurs on devait sur Niort lui faire des examens poussés pour ses reins. Nous avons accepté que ces analyses soient effectuées en alertant sur le fait qu’il pouvait très rapidement être transféré en région parisienne. Fin mai j’étais informé qu’une chambre lui était réservée pour le 1er juin. Le même jour, j’allais le voir à l’hôpital où j’apprenais qu’il avait un cancer à un rein et que le chirurgien voulait l’opérer le plus vite possible. Nous avons réussi, ses enfants et moi, avec pas mal de difficultés à le faire transférer vers l’Ephad qui l’attendait et faire ensuite qu’il soit suivi le plus tôt possible par un hôpital proche.
André fut opéré début juillet avec l’ablation du rein malade. Je suis allé le voir fin juillet, dans sa chambre d’Ephad, il n’était pas en très bonne forme. J’y suis retourné fin août, physiquement il était mieux mais son esprit battait la breloque. Ca c’est un peu arrangé par la suite, je l’ai revu fin novembre et nous avions pu avoir une conversation normale, il a même pu parler à mon frère au téléphone. Sa fille me donnait souvent de ses nouvelles, j’ai su que malgré ses souffrances il était heureux d’avoir pu se rapprocher des siens, qui venaient régulièrement lui rendre visite Je devais passer le voir pour Pâques 2011, mais il est parti quelques jours plus tôt, il venait d’avoir 80 ans. En avril 2011, il aurait épuisé le peu d'épargne qui lui restait pour compléter sa retraite. A partir de mai il aurait été une charge financière pour ses enfants. Quelle élégance de partir avant !
Tchao André tu étais un type ordinaire mais un mec vraiment très bien !
(A suivre)
Une semaine qui débute normalement un lundi, le lundi 8 avril, dans un hôtel de
Pretoria. La veille au soir en arrivant dans la chambre je m’étais précipité sur internet dont j’avais été privé depuis trois jours. Après vingt minutes de connexion gratuite j’avais du sortir ma
carte bancaire pour une connexion payante à raison de 90 rands /H (environ 9 euros) ; je choisis de retenir deux heures pour la soirée…… Rien ! Aucune connexion ! Ce lundi matin, très tôt, je me connectais à nouveau pour vingt minutes/jour gratuites
et quelle ne fut pas ma surprise de voir sur ma messagerie qu’on m’avait retenu 180 rands (environ 18 euros) tout en me fournissant le code qui aurait pu me permettre de me connecter sur Internet si j’avais pu ouvrir ma
messagerie ….Futés ces Sud-Africains ! Eux les poissons d’avril ils les font, avec une semaine de
décalage, le jour de l’Annonciation. ….. Ils m’ont quand même remboursé quelques jours plus tard…. Je ne vais pas raconter dans ce billet cette dernière journée du voyage qui nous a permis de
visiter rapidement le centre de Pretoria avant de rejoindre Johannesbourg et de déjeuner à Soweto. Un futur billet-voyage sera consacré à ces dernières étapes du voyage.
Vers 17 h 30 nous étions à l’aéroport international Oliver Tambo pour un envol à 19 h 30 dans un Airbus 380. C’est la deuxième fois que prenions un A380, avion maouste qui embarque beaucoup plus de monde que les autres modèles sans pour autant donner plus de confort notamment pour ceux qui sont grands ; sans être des géants juste un peu plus que la moyenne. Ceci dit j’ai pu avoir un siège à la gauche d’un couloir, me permettant d’allonger le plus souvent ma jambe droite, celle dont le genou commence à prendre un petit coup de vieux. Durant le vol, pratiquement sans sommeil, j’ai pu regarder deux bons films que j’avais loupés à leur sortie en salle. « Alceste à Bicyclette » de Philippe Legay avec Luchini et Wilson et «L’odyssée de Pi » d’Ang Lee, deux excellents films qu’il me faudra revoir dans de meilleurs conditions ; au moins en DVD sur un écran plus grand.
Mardi matin nous atterrissions à Roissy à 6 H. Vers 13 H le TGV nous déposait à Niort. Un SMS envoyé immédiatement à notre fils Didier pour lui confirmer notre retour à la maison et notre disponibilité pour récupérer Prosper, le chat familial. Il nous rappela immédiatement pour nous annoncer une mauvaise nouvelle : Dorian notre petit-fils âgé de 6 ans était hospitalisé depuis dimanche après-midi suite à une mauvaise chute en vélo. Lors d’une promenade campagnarde en famille, notre redoutable casse-cou a fait un impressionnant soleil qui s’est traduit par une fracture à chaque bras au niveau des radius ou cubitus. Nous nous sommes précipités à l’hôpital pour trouver notre petit-fils, tristement couché, les deux bras dans le plâtre et avec un impressionnant maquillage mercurochromé du visage. Cécile, qui avait des réunions importantes ce jour n’était pas là et c’est François qui était présent auprès de son fils. Les infirmières nous indiquaient que Dorian avait été très courageux et qu’il était adorable de patience et de gentillesse, ce qui signifiait clairement qu’il s’emmerdait copieusement.
Comme, pour notre retour, il fallait bien faire quelques courses je suis allé dans une grande surface proche, en laissant Pilou avec le petit ; Je cherchai aussi un cadeau pour lui remonter un peu le moral…. J’ai bien pensé lui prendre un vélo avec des petites roues mais n’étant pas sûr que Dorian ait encore retrouvé son habituel sens de l’humour, niveau CP, je me suis abstenu : j’ai donc acheté diverses babioles dont un jeu d’osselets trouvé par hasard ( !) … Depuis le temps que je lui promettais de l’initier à ce jeu dont j’avais été, à son âge et un peu plus, maitre es-récréations, il y a.... prescription. De retour à l’hôpital j’apprenais que le médecin était passé, entre temps, et avait donné l’autorisation de sortie. Nous devions donc le ramener chez lui puisque son père était venu le voir avec son véhicule de travail. Sur le chemin du retour nous somme passés chez nous pour déposer rapidement au frigidaire les quelques commissions faites, et pour prendre les cadeaux que nous ramenions d’Afrique du Sud ainsi que les chocolats de Pâques que nous avions achetés, avant de partir.
Une petite demi-heure plus tard Dorian était chez lui auprès de sa mère et de ses frères. Grande joie de retrouvailles, pour la famille qui avait eu une grande peur (Cécile avait passé une nuit et deux jours à ses côtés à l’hôpital) ….. Même Dorian s’efforçait, malgré ses points de suture, de sourire aux blagues de ses frères…. L’heure de goûter était un peu dépassée, mais les œufs au chocolat faisaient tellement envie…. Hugo, Thomas, Dorian assis à table chacun devant le sien …. Dorian les bras dans le plâtre…. Je ne vais pas faire de délation et dire qui a osé dire « Pas de bras, pas de chocolat » mais juste que ce n’est pas moi ! Je n’aurai jamais osé ; déjà que de lui offrir des osselets était limite….. ….. mais effet catharsis tout le monde a rigolé, Dorian aussi même si ça lui faisait mal. Il ne fut pas autant abandonné et on a fait ce qu’il fallait pour qu’il puisse becter ses chocolats.
Comme les vacances scolaires devaient débuter en fin de semaine, il ne manquerait pas trop d’école et pourrait se rétablir et se reposer pendant deux semaines, sans compter que début mai il y aura aussi de nombreux jours fériés. Un garçon très sérieux notre Dorian, pas question de trop manquer l'école….. Sans soute viendra t-il quelques jours chez papy et mamie, les premiers jours de mai, avant un retour à l’école le 6 mai ou au pire le 13 mai. Ce que je regrette quand même un peu c’est qu’on ne pourra pas jouer au bowling pendant les vacances….peut-être aux osselets en 5ème semaine !
Mercredi fut, donc le premier jour du retour à la normalité. Vider les valises, ranger et faire encore quelques courses. Il me fallait aussi lire la douzaine de journaux « Nouvelle République » reçus et constater que nous n’avions pas été indispensables à la vie niortaise. Certes il n’y avait pas eu de miracle et le stade Niortais avait pris la raclée attendue à Saint Nazaire et descendait en Fédérale 2. Que voulez-vous, je ne peux pas aller donner des conseils aux Springboks en Afrique du Sud et coacher en même temps les rugbymans Niortais.
J’ai commencé aussi à lire les « Monde » version électronique pour essayer de comprendre cette foutue affaire Cahuzac et j’ai aussi religieusement écouté l’intervention télévisée du président Hollande : « François il serait temps que tu te bouges un peu plus ! » J’ai aussi pu finir en soirée le polar que j’avais commencé pendant le voyage et dont l’action se passe dans le milieu Afrikaner aux alentours du parc Kruger, l'excellent « Lemmer l’invisible » de Deon Mayer.
Jeudi je retrouvais Morris mon partenaire de B.D. (bridge détente) et nous avons assez bien joué ; Sauf que l’avenir est incertain puisque la semaine précédent notre départ pour Afrique, le club avait partiellement brûlé et, pour cause de présence d’amiante, dispersée dans tout le bâtiment, il n'était même pas question de se réunir dans la partie qui n’a pas été touchée par l’incendie, l’ensemble devant être maintenant détruit. Depuis on joue dans un autre lieu, mais dont les salles exigües ne sont pas adaptées et de plus non disponibles pendant les périodes de vacances scolaires (accueil des d’enfants). Une réunion d’information eut lieu en fin d’après-midi qui n’a pas apporté beaucoup de solutions alternatives du moins à court terme ….. Rien avant septembre. Je tenterais bien, par de vagues connaissances, une intervention en mairie mais ce n’est pas le moment d’être accusé de conflit d’intérêt. Tant pis pour le bridge.
Il y avait aussi, jeudi soir, une réunion de section PS. Je n’y vais plus très souvent, mais par curiosité pour savoir ce que mes camarades avaient à dire sur l’affaire Cahuzac j’ai fait un petit effort. Bien m’en a pris, non pas pour l’affaire en question car les réflexions des uns et des autres ne volaient pas très hauts, mais pour la suite de la réunion : D’abord Geneviève, notre Députée Maire avait pu être présente et elle nous a fait un topo de haute volée sur la Communauté d’Agglomération et son évolution à moyen terme. Et puis en fin de réunion, on eut la surprise du chef : Pour répondre à Rodolphe Chalet qui avait annoncé le mois dernier sa candidature à la primaire socialiste pour la tête de liste des futures élections municipales, c’est Pascal Duforestel, 47 ans, actuel 1er adjoint de l’équipe en place qui a annoncé sa candidature. Devant une salle comble, il s’est lancé dans la bataille pour défendre le bilan de la municipalité et poursuivre dans l'unité des forces de gauche, la rénovation de notre ville. Je n’étais pas dans la confidence et je n’ai d’ailleurs pas vu arriver cette très bonne nouvelle qui retirera aux opposants internes leur seul argument qu'ils puissent avancer, à savoir le cumul des mandats de Geneviève. J’ai bien noté que je n’étais pas le seul à avoir été surpris car il y eut une formidable ovation à cette annonce, même si certains, peu nombreux, faisaient incontestablement la gueule en quittant la salle. On a même pu lire, deux jour plus tard dans la N.R. une déclaration de J.R. une ancienne conseillère qui osa dire « Elle a envoyé un larbin au charbon ». Le premier adjoint à la mairie de Niort, vice-président du conseil régional et par ailleurs professionnel reconnu et créateur d’entreprise dans le domaine culturel, un larbin ? Quelle élégance J.R.! Moi je soutiens à 100% cette candidature de compétence et de sagesse. Bravo à Pascal et à Geneviève !
Vendredi j’avais retrouvé pleinement le rythme niortais : j’avais rattrapé mon retard de publication des billets sur le blog : d’abord le premier billet sur l’Afrique du sud : Cape-Town et surtout un billet nécessaire sur l’affaire Cahuzac.
Je suis aussi allé au cinéma pour voir « Quartet » le 1er film réalisé par Dustin Hoffman. Le résultat est un excellent film «….et le moins qu’on puisse dire c’est que Dustin Hoffman, s’en tire avec les honneurs en donnant vie et matière à cette chronique sur le temps qui passe au sein d’une maison de retraite pour anciens musiciens, où de vieilles querelles et amourettes refont surface…..Studio Ciné Live.» J'étais seul dans la salle à la séance de 11h30: j'adore !
Un petit tour au centre-ville pour aller à la Maison de la Presse. Je suis tellement content d’avoir acheté, juste avant de partir, la revue '' Le Monde Histoire consacré à l’Afrique du Sud '' que je veux commander plusieurs numéros qui étaient sortis auparavant. Une chance ils en avaient pas mal en réserve et j’en ai achèté sept dont : Les Etats-Unis de Roosevelt à Obama, Le Japon d’Hiroshima à Fukushima, L’Egypte de Nasser au Printemps arabe, la Chine de la révolution à la naissance d’un géant, …. etc, etc... Et j’en ai commandé d’autres qu’il n’avait plus comme Israël et le Brésil. Perspectives de voyages ? Peut-être... Il faut dire que celui sur l’Afrique du Sud m’a bien aidé pendant ce voyage compte tenu la médiocrité et la partialité du guide qui nous accompagnait.
Au cours de cette traversée du centre-ville j’ai relevé que les jardiniers et les débuts du printemps avaient bien travaillé et que l’aménagement de la place la brèche continuait à donner un sacré coup de jeune à la vieille ville. Le parking à ciel ouvert que j’appelais la verrue n'est déja plus qu’un mauvais souvenir
Samedi midi Niort inaugurait son centre d’art photographique qui était installé dans l’ancienne demeure de l’écrivain Ernest Pérochon. Pérochon Prix Goncourt 1920 pour « Néne », mais aussi auteur de nombreux et magnifiques romans comme « Les creux des maisons », « Les gardiennes » « Les ombres » etc… Il faudra que je fasse très bientôt un billet sur ce fils de cultivateurs deux-sévriens, instituteur et grand écrivain qui vécut à Niort dans cette grande maison avenue de Limoges. Je fus surpris de la qualité des discours lors de cette cérémonie dans ce grand et beau jardin en ce samedi midi ensoleillé…. Surtout le tout premier, celui de Jane Debenest la petite fille d’Ernest Pérochon, qui au-delà de l’assistance « s’adressait à son grand père en se félicitant que la maison qui s’était endormie, ait de nouveau les volets ouverts, grâce à l’action de la municipalité. Elle a souhaité que dans cette maison qu’une pièce soit consacrée à l’écrivain, à travers l’association des Amis d’Ernest Pérochon dont le premier président fut le gendre d’Emile Zola. Le Courrier de l’Ouest.». Jane Debenest qui fit une belle carrière de diplomate se souvient : « Avec mon petit râteau je le suivais tout le temps. Il m’apprenait le nom des fleurs, des arbres, des insectes. On dit volontiers que l’on comprend quelqu’un à travers se maison mais mon grand père, c’était à travers son jardin. Il était à son image, simple et chaleureux. Dans toutes ses lettres, y compris la dernière, il y fait référence. »
Ce samedi fut culturel, mais totalement par hasard, car nous avons appris que l’inauguration du centre national photographique avait lieu ce samedi que le matin même par les journaux. Par contre j’avais réservé, à l’avance, ma place pour un concert au Moulin du Roc. Ce n’est pas que sois un grand spécialiste ni même amateur de musique classique, mais depuis le film de Milos Forman, Amadeus sorti en 1984, j’écoute de temps à autres, avec plaisir du Mozart : c’est délassant ! Alors quand j’ai su que l’orchestre philharmonique d’Emmanuel Krivine allait se produire à Niort, je me suis dis que c’étais l’occasion ou jamais. Et je ne l’ai pas regretté ! Au programme un adagio et fugue n°546, La symphonie concertante et puis pour finir la symphonie n°41 Jupiter. Je connaissais cette dernière qui ne m’a pas trop surpris, par contre avec la concertante je faisais une découverte et ptn que c’était beau !
Dimanche matin nous retrouvions, pour la première fois de l’année les marcheurs de Goise pour
une balade d’une quinzaine de kilomètres dans le marais poitevin autours de Magné. En rentrant à la maison vers 13h j’en avais plein les pattes et je
savais que l’après-midi serait essentiellement canapé, façon Drucker, consacré essentiellement à donner des coups de téléphone à la famille. Par ailleurs la semaine se terminait comme elle avait
commencé avec des difficultés à me connecter sur Internet. Problème de Live-box à changer dès le lendemain. Parmi les coups de téléphone l’un d’eux m’apprenait que Dorian avait bon moral, la
preuve étant que Cécile l’avait retrouvé en train de jouer au foot avec ses deux frères. Il était toutefois très prudent car avec ses deux bras dans le plâtre et tenus par des écharpes, il jouait
goal en se contentant d’esquiver le ballon. ( !!!)
(A suivre)